COMING SOON

Bio / CV

GROUP

2017 : AGORA, curated by Kevin Rouillard, François-Noé Fabre, Mathieu Zurcher, Galerie R-2, Paris

2017 : EXTRASTATE, OPERA TECH CITY PAVILION - BIENNALE DU RÉEL, curated by Data Rhei - online exhibition

2016 : LE NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL, curated by Nicolas Bourriaud, Galleria Continua, Boissy-Le-Châtel, France

2016 : FELICITÀ, curated by Jean-Luc Blanc, Alexia Fabre, Jean-Charles Massera, Morgane Tschiember, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

2016 : VERTIGE EN TERRAIN PLAT, curated by MATHILDE EXPOSE, Brownstone Foundation, Paris

2015 : Exposition Sélection du prix des Amis des Beaux-Arts, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

2015 : VAULT ONE, festival ECRAN TOTAL, le Huit, Paris
2014 : LOW LIFE EXTRAVAGANZA, FOUNDATION PART 2, Cooper Union, New York

2013 : SAISON 1/ SAISON 2, Burki/Figarella, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

2011 : AUTOGRAPHIE, + Arthur HENT, galerie 1161, Paris
2010 : GLITTER, + Cyrielle DEBRUN + Hugo HAEFFNER, espace TiArt, Paris

SOLO

2015 : OPENING, DNSAP, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris
2015 : L’HOMME CHAUVE, Installation, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris
2014 : FOUNDATION PART 1, Installation, Cooper Union, New York
2013 : PUSH, DNAP, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

2014 : THE PALLADIAN WINDOW, animated short


FR

Elisa Rigoulet

« Une fois maître de la vérité, le mystique s’aperçoit que l’opposition des contraires se fond d’une certaine façon dans une réalité supérieure ». Jorge Luis Borges

Le faux, l’artifice et la virtualité, sont les enjeux à l’œuvre dans les dispositifs conçu par Raphaël Fabre comme une fiction de jeu vidéo. Ils immergent progressivement le visiteur dans une expérience du faux. L’artiste réinterprète ici le white cube et le transpose en une fiction matérielle et continue où l’artifice s’insinue partout. Une entreprise factice, autonome, a été créée, déployant ses influences et son réseau virtuel. Avec sa page facebook, son logo et son site internet, elle démontre la capacité de la fiction à s’incarner comme outil, comme donnée visuelle, comme virus.

L’information factice, conspiratrice et manipulatrice se trouve ici incarnée à l’intérieur d’un monde tangible, construit, un huis clos à l’architecture physique. Instaurant une progression dans la rhétorique du pouvoir, le dispositif semble dissoudre l’impression de vérité à mesure que le visiteur avance dans les espaces. Matériaux promotionnels, trailers vidéo en ligne sur YouTube, dessins de faussaires, trompes l’œil, décors 3D deviennent les différentes pièces d’un ensemble aux connections contradictoires, absurdes. Raillant le faux et l’apparence du faux, il opère une distorsion des systèmes de logique, mettant à jour la vanité d’un dispositif presque hostile, fait de mirages et pourtant aux murs et au scénario debout.

Statement

EN

The goal of any fiction is to lead his viewer into a non-existent universe, which it materalizes by numerous subtleties. It uses all the means at its disposal to persuade that this world is real, that it exists and continues its life without the viewer.

The works presented here concern the construction of a permanent fiction, which admits its own hypocrisy. The mechanisms of the forgery and the subtlety turn around against themselves, expose their cogs to reject and attract the viewer in the paradox of a set decoration.

For the installation Opening, a whole set made up of four rooms was built to immerse the spectator in an experience of the forgery. A false enterprise was a complete fabrication, with Facebook pages, a web site, a logo, several video trailers on YouTube and diverse promotional materials, to demonstrate the capacity of the fiction and the corporate communication to manipulate and to offer a tangible world. Actors spoke to the visitors without answering them, looping in their own universe, whereas all the proposed elements were artificial: from counterfeiters' drawings to 3D spaces.
The purpose is to expose the viewer to a total immersive, interactive experience, the supposed intention of which would be to attract him by all its subtleties and to include him, but where all the possible interactions have for unique result to reject him and to give him the feeling of not being invited, to persuade him that the fiction does not need him, that it can exist on its own.

Ironically, it reveals the forgery as sacred, the superficial as real, which in spite of the fact that we cannot believe in it, produces contrasted feelings and allows the spectator to re-create his own stories and his own contradictions. Every separate element, a drawing or a video on the Internet, becomes a piece of the puzzle connected with all the network, creating artificial connections and riddles impossible to solve, where devices point only to their own inner workings.


FR

Le rôle d’une fiction est de faire entrer son spectateur dans un univers inexistant, qu’elle matéralise par de nombreux artifices. Elle utilise tous les moyens à sa disposition pour faire croire que son monde est réel, qu’il existe et continue sans le spectateur.

Les travaux présentés ici portent sur la construction d’une fiction permanente, qui admet elle-même qu’elle est fausse. Les mécanismes du faux et de l’artifice se retournent contre eux-mêmes, exposent leurs rouages afin de rejeter et d’attirer le spectateur dans un paradoxe du décor.

Pour l’installation Opening, un décor entier composé de quatre salles a été construit pour immerger le spectateur dans une expérience du faux. Une fausse entreprisé a été créee de toutes pièces, par des pages facebook, un site internet, un logo, plusieurs trailers vidéos sur youtube et divers matériaux promotionnels, afin de démontrer la capacité de la fiction et de la communication d’entreprise à manipuler et à proposer un monde tangible. Des acteurs parlaient aux visiteurs sans leur répondre, tournant en boucle dans leur univers, tandis que tous les éléments proposés etaient factices : de dessins de faussaires à des décors 3D.
Le but est d’exposer le spectateur à une expérience totale immersive, interactive, dont l’intention supposée serait de l’attirer par tous ses artifices et de l’inclure, mais où toutes les interactions possibles ont pour unique résultat de le rejeter et de lui donner le sentiment de ne pas être invité, de lui faire croire que la fiction n’a pas besoin de lui, qu’elle peut exister seule.

Cela produit une ironique sacralisation du faux, du superficiel, qui malgré le fait qu’on ne peut y croire, produit des émotions contrastées et permet au spectateur d’y projeter ses propres histoires et ses contradictions. Chaque élément séparé, un dessin ou une vidéo sur internet, devient une pièce du puzzle relié à tout le reste, créant des connections factices et des énigmes impossibles à résoudre, où les dispositifs ne renvoient qu’à leurs propres fonctionnements.